
“Il fait trop chaud…” Le soleil cogne aux vitres comme un patron pressé, j’ai les volets mi-clos, le courage froissé. Tout le monde attend l’été comme une grâce divine, moi j’vois l’enfer en clair, la sueur qui dessine. “Marine…” Cet été, pas de badge, pas d’alarme, pas d’ordre, on met les jours pénibles dans une valise à tordre. J’ai jamais aimé bosser quand l’air devient compact, quand sortir de chez soi ressemble à signer un pacte. Les gens parlent de plage, de soleil, de lumière, moi j’transpire comme un coffre oublié dans le désert. J’aime bien quand ça rentre, j’aime toucher la monnaie, mais vendre mes matinées, parfois, ça m’fait saigner. Le réveil fait le dur, mon cerveau prend l’accent : “trouve-moi un bail royal, j’me lève pas maintenant.” J’ai la phrase un peu noble et la flemme populaire, je peux dire “fort fâcheux”, puis “frérot, laisse-moi faire”. La chaleur me rend moins prince, plus type en survie, je perds la politesse dans les plis de mon lit. J’voudrais voir le Pharaon, poser deux mots au sable : “ton empire est immense, mais ton climat m’accable.” Ou partir à Madère, respirer sur les hauteurs, loin des mails, loin des murs, loin des néons menteurs. Marine à côté, le monde perd son venin, même juillet paraît moins sale quand elle me tient la main. J’aime bien taffer, toucher la monnaie, mais j’aime dormir aussi, laisse-moi zoner. Y a des matins où mon cerveau négocie, il cherche un bail parfait pour rester dans le lit. Moi j’aime l’hiver, sortir la Moncler, un SMIC sur le dos, j’me sens princier. Ça flatte l’ego, ça ne rend pas beau, mais dans le froid, frère, j’ai le torse haut. “Pause…” Laisse respirer deux secondes, j’ai le front en travaux. Même mes pensées transpirent. Elles demandent de l’eau. Le soleil fait le malin. Il parle trop fort. Moi j’veux du silence. Un café. Puis dormir encore. “Stop…” “Attends…” “Pitié…” “Pas ce mot.” “C’est quoi ce délire ?” “Stop ?” “Mais frère…” “C’est un panneau, ça.” “Pas un mot.” [pause] [rire bref] “Non mais vraiment…” “On n’est pas sur l’autoroute.” “On est dans ma tête.” [pause plus longue] “Reprends doucement…” Le soleil me poursuit comme une dette ancienne, il colle à ma chemise, il s’invite dans mes veines. Moi je veux des draps frais, des ombres sur les murs, des départs sans discours, des lendemains moins durs. J’ai donné assez d’heures à des pièces sans âme, à des journées trop sèches, à des néons qui crament. Le travail a sa vertu, je vais pas faire l’artiste, mais l’été me rend fou, même mon calme devient triste. Je veux des nuits sans planning, sans badge, sans contrôle, des “demain on verra” qui détendent les épaules. Un avion, un bateau, Madère ou l’Égypte, tant que la ville s’efface et que le cœur s’éclipse. Marine dans la lumière, moi moins dur, moins fermé, j’apprends qu’on peut partir sans vraiment abandonner. Pas besoin de palace, pas besoin de décor, juste un coin où la chaleur nous oublie un peu dehors. Et j’avoue mon penchant pour l’hiver souverain, les rues froides, les manteaux, les cafés dans les mains. L’hiver a de la tenue, le froid sait se tenir, il mord sans faire le beau, il ne cherche pas à séduire. L’été vend du bonheur avec un rire trop large, mais moi j’vois les fronts luisants, les corps qui se déchargent. Décembre me parle mieux, dans son costume sobre, la nuit tombe plus tôt, mais mon esprit se réordonne. J’aime bien taffer, toucher la monnaie, mais j’aime dormir aussi, laisse-moi zoner. Y a des matins où mon cerveau négocie, il cherche un bail parfait pour rester dans le lit. Moi j’aime l’hiver, sortir la Moncler, un SMIC sur le dos, j’me sens princier. Ça flatte l’ego, ça ne rend pas beau, mais dans le froid, frère, j’ai le torse haut. J’aime bien taffer, toucher la monnaie, mais j’aime dormir aussi, laisse-moi planer. Le réveil joue le boss, moi j’esquive son appel, j’ai l’esprit sous la couette et les rêves sous le ciel. Moi j’aime l’hiver, sortir la Moncler, cher comme un mois de survie, lourd comme un trophée. Ça flatte l’ego, ça ne rend pas beau, mais ça met du panache quand le monde est trop froid.
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