
Entre ce que j’ai reçu et ce que je garde sous la dalle, entre la force des anciens et la mienne qui s’emballe, je marche, je tiens, je trace ma route sans escale. La vie m’a poussé loin de mon pays, vers d’autres terres, d’autres façons de parler ici. + de confort, + d’options, + de liberté, mais quelque chose en moi refusait de s’ancrer, de s'adapter.../ Ici...personne me connaît, juste un prénom sur des papiers, un numéro, un dossier, un accent qu’on veut corriger. Parfois j’reviens marcher dans les rues de mon enfance, pas pour les façades, juste pour ce qu’elles racontent en silence. L’air garde encore l’écho de certaines absences, des fragments de nos vies suspendues dans l’existence. Ma mère, mon père, la force en silence, des vies discrètes mais pleines d’endurance. Ils faisaient tenir tout sans grandes apparences, on grandit là-dedans, entre patience et méfiance. au cœur du quartier, les voix s’entremêlaient, les regards familiers, les échanges dans les ruelles. Les anciens assis au café racontaient leurs histoires, et chacun prenait le temps d’écouter sans jugement ni déboire. Y’avait du poids dans les mots, du sens dans les promesses, des principes enracinés plus profonds que les richesses. Le respect circulait sans discours ni maladresse. C’était pas l’époque du confort, c’était celle du vrai effort. On avançait droit malgré les remords, on n’avait pas grand-chose, pas de coffre-fort. Je me souviens… d’cette époque où les journées paraissaient plus longues, pas parce que les horloges tournaient moins vite, mais parce que les gens prenaient le temps de vivre. Je me souviens de ma mère, toujours occupée, toujours à préparer pour quelqu’un. Je ne l’ai jamais entendue parler de sacrifice ou de plainte, elle donnait sans compter, c’était sa façon d’aimer, sans frein. Je me souviens de mon père, peu de mots, peu de discours. Quand il rentrait du travail, ses mains racontaient ses jours. Ils tenaient l’équilibre pour ne pas tomber. On a grandi dans cette école où l’on apprend sans parler . La misère rôdait, mais personne ne dormait affamé. On mangeait simple , le pain partagé , Tant qu’il restait un bout, on le gardait pour celui d’à côté. On donnait sans compter, sans vanité. si quelqu’un tombait, on demandait pas pourquoi, on tendait la main, ça s’arrêtait là, c'est comme ca là-bas, J’dis pas que c’était parfait, j’ai connu les galères, les fins de mois, les factures, les nuits sans lumière. Malgré tout ça, on gardait le sourire, parce que l’ancien temps avait vraiment quelque chose de plus sincère. Papa disait : « Va bosser mon fils, : rien ne vient sans douleur, l’honneur se gagne dans la sueur et la rigueur. Rien ne s’offre ici-bas, tout se mérite et s’arrache, goutte après goutte, jusqu’à ce que l’homme se détache. Alors j’avance entre deux mondes, deux univers entre aujourd’hui qui change et les traces d’hier Entre ce que j’ai quitté et ce que je porte à l’intérieur, une partie d'moi reste là-bas, elle demeure L’autre vit ailleurs
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