
[Intro] Jeudi soir, drôle d’histoire, vingt euros pour du diesel, Un détail minuscule qui prend la taille du ciel. Marine avait juré : « plus jamais dormir dans ma voiture », Mais quand le cœur déraille, les promesses prennent des fissures. Elle ressort son duvet, comme on ressort une vieille armure, Prête à dormir sur un siège, seule avec sa démesure. Moi j’me dis : hors de question que la nuit finisse comme ça, J’appelle ses parents : Cap-Ferret nous tend déjà les bras. [Couplet 1] On a quitté les nerfs, les murs, les phrases qui tournent en boucle, Vers la presqu’île où l’air salé dénoue nos nœuds en boucle. Vingt balles manquaient au diesel, franchement quelle ironie, À deux doigts d’une nuit en caisse pour une panne d’économie. La route avait ce goût étrange des sauvetages improvisés, Pas de plan, juste respirer sans s’abîmer. Puis l’océan dans le noir, vaste, calme, presque paternel, Comme s’il disait : « vos tempêtes ne sont jamais éternelles ». Marine avait les yeux lourds, entre fatigue et délivrance, Je gardais dans le silence une réserve d’espérance. Le lendemain, grand soleil, chaleur posée sur le bassin, Et nos soucis semblaient marcher plus loin. [Refrain] On revient du Cap-Ferret avec du sel dans la mémoire, Des promesses pour demain, même après les soirs trop noirs. Marine, tu ris, tu pleures, tu changes de saison sans prévenir, Mais j’veux garder nos beaux jours comme une raison de revenir. Caouenne dort en prince, indifférent aux catastrophes, Les filles mettent le bazar puis transforment tout en apostrophes. Elles sont chiantes, oui parfois, mais ton amour gagne toujours, Et même quand tout part en vrille, il reste un peu de jour. [Couplet 2] Tes filles savent appuyer pile où la patience se fracture, Un retard, trois cris : ça devient littérature. Tu souffles : « elles vont m’achever », avec ton regard assassin, Puis tu demandes si elles ont mangé ce matin. Voilà ton paradoxe : tempête, tendresse et vigilance, La colère fait du bruit mais l’amour garde sa constance. Et Caouenne, petit seigneur, se promène avec insolence, Comme s’il avait signé le bail et la résidence. Moi j’observe votre monde, ses virages et ses coutures, Ses fous rires, ses nuits longues, ses blessures. Je n’écris pas pour maquiller ce qui devient trop lourd, J’écris pour dire qu’au milieu du bordel, il demeure de l’amour. [Pont] Je repense à jeudi soir, au duvet posé dans la caisse, À cette promesse oubliée quand la douleur serre et oppresse. « Plus jamais dans la voiture », tu l’avais dit, presque solennelle, Et pourtant tu t’y préparais, seule sous une lumière artificielle. Heureusement j’ai dénoué cette soirée mal engagée, Un appel, quelques mots, puis la route s’est mise à respirer. Tes parents au Cap-Ferret, refuge simple, pas de cinéma, Puis l’océan nous aide à remettre le monde à plat. Tout ça pour vingt euros, vingt euros de carburant, Parfois l’existence tient à presque rien, c’est ça qui est troublant. [Couplet 3] Cet après-midi j’écris au retour du Ferret, Il faisait beau, chaud, le ciel rendait tout plus facile. La lumière sur les pins dessinait des souvenirs futurs, Comme si demain nous écrivait déjà derrière les murs. J’ai pensé aux promesses qu’on ne grave pas pour faire joli, Celles qu’on tient imparfaitement, qu’on répare quand elles plient. Promettre, ce n’est pas jurer de ne jamais retomber, C’est tendre la main quand l’autre ne voit plus où poser ses pieds. C’est dire : demain peut être tendre sans nier hier, Faire de la nostalgie une fenêtre au lieu d’un cimetière. Alors je garde le bassin, le sable et cette chaleur, Pour les jours où ton sourire aura besoin d’un moteur. [Dernier refrain] On revient du Cap-Ferret avec du sel dans la mémoire, Des promesses pour demain, même après les soirs trop noirs. Marine, tes saisons n’empêchent pas l’avenir de revenir, Et j’veux garder nos beaux jours comme une raison de sourire. [Outro] Alors oui, vingt euros ont presque foutu la nuit en l’air, Puis vingt euros nous ont conduits jusqu’au parfum de la mer. Drôle de vie : un duvet, une voiture, un appel dans le noir, Et le lendemain du soleil pour réécrire un peu l’histoire. Je ne promets pas le calme, ni des lendemains sans détour, Je promets de me souvenir qu’on peut déplacer les jours lourds. Du Cap-Ferret dans la poitrine, des projets dans le moteur, Un peu de passé derrière nous, devant, la promesse du meilleur.
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