
Je m’appelle Tonio Muñuera Martinez, c’est mon nom, je ne le cache pas Né le vingt novembre quatre-vingt-huit, de l’autre côté des Pyrénées, là-bas Andalousie dans les racines, le sang gitane qui coule dans mes veines Mais le destin m’a mené vers Paris, vers ses tours et ses peines J’ai grandi dans le treizième, ce quartier qui m’a vu grandir Deux langues dans la bouche, deux mondes à faire s’unir L’espagnol dans le cœur, le français sur les lèvres chaque jour Deux cultures en moi, comme deux ailes pour mon parcours J’étais jamais tout à fait l’un, jamais tout à fait l’autre Un pied dans le soleil, l’autre dans le froid, c’était mon hôte Parfois je me sentais étranger même là où j’avais grandi Comme un arbre qui pousse entre deux terres, mais qui reste debout, qui résiste et qui vit Deux mille six, j’ai saisi le stylo comme on saisit une main J’ai commencé à rapper dans l’ombre, loin des projecteurs et des chemins Sur internet, dans la rue, tard le soir quand le monde dort Pas de coup de pouce, pas de lumière, juste mes mots et mon effort Je suis resté dans l’underground, loin du bruit et des regards Je voulais qu’on m’écoute pour mes vers, pas pour ce qu’on disait quelque part C’était solitaire, parfois lourd, souvent personne devant moi Mais chaque mot que j’écrivais, c’était comme crier « je suis là » On ne voit pas la peine quand le succès arrive après Mais y a des nuits où j’ai écrit avec les larmes et les regrets Personne ne m’a tendu la main, alors je l’ai tendue à moi-même Et le stylo est devenu mon meilleur ami, mon seul poème Deux mille neuf, « Avant Conte 2 Tès », j’ai osé montrer une partie de moi Puis « Conte 2 Tès », et pour la première fois quelqu’un a dit « je te vois » Ça n’a pas explosé du jour au lendemain, c’est venu doucement Comme une lumière qui s’allume dans une pièce où il fait noir depuis longtemps Deux mille dix, « Les Frères avant les grammes », « Tiene Voz el Miedo » Je parlais de mes silences, de mes peurs, sans masque, sans remède Je travaillais, j’écrivais, je laissais l’encre couler sur le papier Parce que quand on a quelque chose au fond qui ne veut pas se taire On ne compte pas ses heures, on ne compte pas ses nuits Je vidais mon âme ligne après ligne, mot après mot, sans bruit Puis octobre deux-mille-onze, ce jour que je n’oublie pas « Première Mi-Temps », mon premier album, enfin posé sur les pas HLM Boy Recordz, bâti de nos mains, de nos rêves et de nos cris Notre maison, nos règles, notre voix dans la nuit On a dit « tu es la révélation », mais j’ai juste gardé les pieds sur terre Ce n’était qu’un début, une étape, pas une fin, pas une guerre Février deux-mille-douze, « Deuxième Mi-Temps », je n’ai pas ralenti Juin est arrivé avec « Collision », toujours debout, toujours en vie Novembre, « Conte de Tèss » revient, dix-neuf titres dans le vent On dit je suis rapide, mais c’est juste que j’ai le cœur trop grand Trop de choses à dire, trop de choses qui me hantent la tête Si je m’arrête une minute, j’ai peur que la douleur me rattrape et m’arrête Les années ont passé, les saisons ont changé de visage « Cityboy », « Black Code », j’ai traversé les âges Mais au fond de moi je suis toujours ce garçon du treizième Qui écrivait dans le noir, qui croyait en son poème Je ne suis pas riche de tout l’or du monde, mais riche de ce que j’écris Chaque projet c’est un morceau de mon âme que je livre et que je dis Je suis Tonio avant Falcko, toujours, dans les bons et les mauvais jours Je n’ai jamais vendu qui je suis, jamais changé de parcours On peut prendre mes titres, on peut partager mes chansons Mais on n’aura jamais mon histoire, seulement ce que j’en dis, ce que j’en donne C’est triste parfois de raconter sa vie comme si c’était un livre Surtout quand certaines pages ont été difficiles à écrire et à vivre Mais si mes mots peuvent toucher ne serait-ce qu’une seule âme qui souffre Alors je continuerai à écrire, même si l’encre a parfois le goût des pleurs Aujourd’hui je suis là, encore debout, encore présent Avec mes blessures, mes victoires, mes silences, mes instants L’Espagne dans le sang, Paris dans les os, deux mondes dans un cœur Un stylo dans la main pour apaiser un peu cette douceur Je suis Falcko. Je suis Tonio. Et je n’ai jamais triché. Pas avec mes origines, pas avec mes peurs, pas avec mes pensées. Et même si parfois c’est lourd, même si parfois je suis seul… Je continue d’écrire. Parce que c’est là que je suis le plus seul… et le plus entier.
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