
En deux mille douze j’avais huit ans, adresse dans la tête Quinze rue de Lamyfontaine, HLM, c’était pas la fête Pour nous c’était chez moi, le royaume, le terrain d’jeu On connaissait pas l’quartier, on connaissait pas les lieux Juste Ibrahim et Yasine, mes frères de sang de cœur Leurs parents comme les miens, on vivait dans la même odeur On mangeait les uns chez les autres, on dormait côte à côte Plus voisins, plus amis, juste frères, pas d’autres notes Derrière l’immeuble y’avait la forêt, notre territoire Notre cabane construite, c’était notre histoire Un vieux canapé, une télé qui marchait pas Des trucs trouvés par terre, on avait tout c’qu’il nous fallait pas À côté l’ruisseau coulait, on s’lavait là-dedans Loin des yeux des adultes, on était rois d’notre temps Là-bas pas de règles, pas de cris, pas de lois Juste nous et nos rêves, et c’était tout ce qu’on voulait, quoi Mais l’danger traînait près, on s’croyait invincibles Vélos sans freins dans la descente, c’était risible J’ai pas pu tourner, j’ai foncé dans l’mur en béton Choc dans la tête, par terre, le souffle plus qu’long Hasane était pompier, il m’a relevé, m’a soigné Ce jour-là j’ai compris : sans freins, on peut pas s’arrêter Mais la leçon a mis du temps à rentrer dans ma tête Même âge, même folie, une 50 dans la forêt J’accélère, tout droit, vers l’aventure, vers l’connerie Au moment d’freiner… j’ai oublié, la peur a pris la vie Choc violent, j’ai roulé, le corps ouvert, en sang J’ai cru qu’j’allais mourir, j’suis rentré en pleurant J’ai encore la cicatrice sur la paume de la main Souvenir d’une enfance belle, mais qui fait du chagrin On s’racontait des histoires, un tueur nommé Bob Qui venait chercher ceux qui suivaient pas les lois On avait peur mais on aimait ça, c’était notre frisson Se faire peur entre nous, c’était notre seule raison À l’école par contre, c’était une autre galère J’tiens pas en place, j’bouge, j’parle, j’fais le numéro un J’fais rire toute la classe, toujours une idée, un truc Les maîtresses m’sortent du groupe, pensent qu’j’ai un défaut Dans ma tête c’est l’chaos, comme si j’courrais tout l’temps Quelque chose en moi qui veut pas d’calme, pas d’dedans Un jour j’ai lancé des cailloux vers la maison d’à côté Pour rigoler, pour faire l’malin, sans penser aux conséquences Une grosse pierre a cassé la vitre, le bruit a tout arrêté Maman convoquée, honte dans les yeux, j’ai baissé la tête Et puis j’ai redoublé, le CE2, revenir en arrière Voir les autres passer, rester seul derrière Ça fait mal quand t’es petit, tu comprends pas pourquoi Mais aujourd’hui j’sais : j’étais pas juste un gamin qui débloque J’étais l’enfant qui avait trop vu, trop tôt, trop dur Qui fait rire les autres pour qu’on voie pas ses blessures J’cache tout au fond, j’suis le clown, j’suis la joie publique Mais à l’intérieur c’est noir, c’est froid, c’est dramatique J’ai perdu des bouts de moi, des souvenirs, des moments Puis j’ai fermé ma porte, j’ai construit un mur en ciment Au collège j’parle plus, j’reste dans mon coin, silencieux J’souris presque jamais, j’fais semblant d’être heureux Parfois j’fais le clown, j’fais rire pour cacher la douleur Ceux qui font le plus rire sont ceux qui ont le plus mal au cœur Mais l’soir quand j’reviens là-bas, tout revient en masse Le silence, les ombres, les souvenirs qui se cassent J’ai beau être loin d’ma maison, changer de toit, d’lieu Certaines choses te collent à toi, jusqu’au bout d’tes yeux Deux mille seize, j’ai douze ans, adresse gravée : vingt un impasse du Stade Christophe travaille dur, maman fait des ménages, elle est malade J’l’accompagne souvent, j’la vois frotter, nettoyer, courir Elle m’dit : « Regarde bien, un jour tu s’ras libre, tu pourras choisir Ta maison, ta famille, être autonome, ne rien devoir » À c’moment-là j’comprenais pas, aujourd’hui j’sais tout par cœur Puis elle m’envoie seul faire les courses, liste dans la main Gruyère, pâtes, crème, raviolis, petits pois, c’est mon chemin « Ramène la monnaie et le ticket », elle répète sans cesse Mes premiers pas d’homme, ma première vraie prouesse J’étais fier qu’on m’fasse confiance, fier d’être utile, d’être là Même si parfois j’volais dans les magasins, des petites choses, pour ça Par jeu, par défi, ou pour combler un trou au fond d’moi J’savais pas c’que j’cherchais, juste un truc qui m’remet sur la voie J’faisais du foot aussi, une année, courir, oublier tout M’éclater sur l’terrain, plus penser à rien du tout Puis j’ai arrêté, j’sentais qu’j’avais plus de vie à vivre Même c’que j’aimais devenait lourd, trop lourd pour suivre
Generate Voiceovers & songs with AI
Create audio with more than 300 different voices in our library.
Welcome to the next generation of music creation with our AI Songs Library, where innovative artificial intelligence meets creative expression. Explore a vast selection of user-generated AI songs across genres, moods, and languages. From ambient and cinematic soundscapes to upbeat pop and deep, resonant tracks, our AI-driven technology brings unique, high-quality music to life, perfect for any project or personal enjoyment.
Whether you're a content creator, game developer, podcaster, or simply a music lover, our AI-powered song library offers something for everyone. Each track is crafted using advanced AI technology, ensuring realistic sound quality and a natural feel, with customizable options to suit your unique needs. From background scores to inspirational soundtracks, discover the versatility and depth of AI music on our platform.
Browse our AI Songs Library now to explore user-generated music, crafted with cutting-edge AI technology. Find the perfect soundtrack for your content, elevate your projects with innovative soundscapes, and experience the future of music creation today.